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Pourquoi le taux de croissance de la Corée du Sud est-il si faible ?

Pour cette année 2019, le bilan économique de la Corée du Sud est en demi teinte. Avec 2% de croissance, il atteint son taux le plus bas en 6 ans. Le temps du “miracle” sud-coréen est désormais révolu. Mais quelle est l’origine de ce ralentissement de la croissance ?

L’origine du développement économique de la Corée du Sud (1960-2000)

Entre les années 1960 et 2000, la Corée du Sud est passée d’une économie agraire sous-développée à une économie industrialisée et concurrentielle sur les marchés mondiaux. Ce “miracle sud-coréen” est imputable à la planification économique de Park Chung Hee à partir des années 1960. Park Chung Hee est arrivé au pouvoir suite à un coup d’état (1961) et a rapidement enclenché l’industrialisation du pays. Sur le modèle de développement japonais, il instaure une planification et une protection des industries naissantes intelligente. Ce protectionnisme « intelligent » est basé sur un contrôle des importations, favorisant l’import des matières premières et de la technologie, au détriment des biens de consommation. En faisant abstraction des répercussions chaotiques sur la société et du coût social que paye encore aujourd’hui le peuple coréen, le pays a réussi à se développer sous un régime dictatorial et protectionniste, tandis que jusqu’alors, le libéralisme des marchés était, selon les économistes, la condition sinequanone à tout développement économique.

L’ascension du dragon asiatique à pris fin suite à la crise Asiatique de 1997 laquelle a révélé au grand jour, les problèmes structurels de ce développement rapide. Aujourd’hui la Corée du Sud est victime d’une croissance déséquilibrée et repose toute son économie sur ses exportations et son secteur manufacturier. Ce déséquilibre est à l’origine d’une polarisation économique et sociale qui bloque toute perspective de relance efficace.

Dualité du monde du travail

Le monde du travail en Corée du Sud est scindée en deux : d’une part les Chaebols(basé sur le modèle des Keiretsu au Japon), sont des grands groupe familiaux, spécialisés dans l’industrie et les services. Les trente premiers Chaebols exportent à eux seuls, prés de ⅔ des biens industriels(semi-conducteurs).La main d’œuvre est qualifiée et bien payée.

D’autre part, on retrouve les PME. 90% des PME sont spécialisés dans le secteur des services. Or, le secteur des services est en crise depuis les années 1990. Les gains de productivités sont bridés en raison d’une réglementation restrictive des marchés de produits, d’une culture entrepreneuriale quasi-inexistante car culturellement mal perçu et en raison d’une absence d’investissement dans la recherche et développement de la part des entrepreneurs. Cet écart de productivité creuse les dispersions salariales entre les secteurs d’activités

L’Essoufflement des Chaebols

Les Chaebols sont dirigés par des familles fondatrices qui sont généralement des stake-holders : elles possèdent peu de parts de l’entreprise mais détiennent l’intégralité du pouvoir. Ce noyau qui contrôle l’entreprise dans son entièreté n’est pas à la recherche de rentabilité. On peut parler d’un problème de principale agent. La conséquence économique directe est un coefficient de capitalisation des résultats faible, lequel provoque une baisse de la compétitivité et de la productivité des entreprises. Supplétivement, l’endettement des Chaebols auprès de leurs banques pose le problème de l’aléa moral “la maximisation de l’intérêt individuel sans prise en compte des conséquences défavorables de la décision sur l’utilité collective”. En d’autres termes, les Chaebols s’endettent à l’infini auprès de leurs banques, non pas dans un but d’investissement, qui serait favorable au développement de l’économie, mais dans le but de renflouer la trésorerie des détenteurs du pouvoir et de leurs actionnaires. L’affiliation des Chaebols avec le gouvernement et la corruption des politiques ne font qu’accentuer ce dysfonctionnement structurel.

Dépendante du secteur manufacturier

La Corée du Sud est largement dépendante de ses exportations de semi-conducteurs(80% des exportations totales), ce qui fait de la Corée, un pays sensible aux chocs dans ce secteur. De surcroît, ce sont les Chaebols qui sont au centre de l’économie et qui du fait de leur affiliations avec le gouvernement, ont le monopole des exportations. C’est donc une double dépendance qui révèle le talon d’Achille du pays. En effet, il est plutôt aisé de reconnaître dans ce modèle économique, les symptômes de la maladie hollandaise (dépendance à un secteur de l’économie) qui résulte généralement en une crise économique et social du pays en question.(Cf : Hors Sujet sur l’Algerie)

Conséquences sur l’économie coréenne

En 2018, la croissance réel du PIB de la Corée du Sud a diminué et tend vers la moyenne de l’OCDE. En s’appuyant sur la balance des paiements de la Corée du sud, on remarque que la balance courante est positive et tirée quasi exclusivement par les exportations. LA balance des services et les transferts a un solde négatif. L’endettement de la Corée du Sud en matière de paiement d’intérêts/actions/dividendes à l’égard de l’étranger est important mais couvert par ses revenus des investissements financiers. La balance des revenus est donc positive(+2777.7 millions USD) et contribue légèrement à l’excédent courant. Cet excédent important( + 79K millions USD) reflète le manque d’investissement du pays et de ses acteurs économiques et financiers lequel explique le ralentissement de la croissance à la diminution croissante et de l’activité économique. La BOP de l’année 2018 pose un bilan inquiétant. La balance commerciale se doit impérativement de conserver son excédent positif. Dans l’hypothèse selon laquelle, les relations diplomatiques ou commerciale avec l’importateur majoritaire de la Corée du Sud, la Chine (25%), se dégraderaient, le pays pourrait rapidement connaître un double déficit(courant et financier), qui nécessiterait un redressement économique d’urgence.

Blocages structurels

Concernant la place des Femmes : La Corée du Sud connaît un blocage structurel important concernant l’emploi des femmes. Leur participation dans le monde du travail et l’une des plus faibles parmi les pays membres de l’OCDE et les inégalités salariales Hommes-Femmes sont manifestes. Culturellement, elles arrêtent généralement de travailler à l’arrivée de leur premier enfant en raison d’un manque d’infrastructure et de structure d’accueil qui se font rares et ne sont pas subventionnés par l’Etat.

Concernant les Seniors : Il est important de souligner que les seniors représentent 47% des plus pauvres en raison notamment à un système de retraite non développé et un départ anticipé du monde du travail. Une croissance lente et déséquilibrée en raison d’une dualité du monde du travail, l’augmentation de la pauvreté, les inégalités de revenus, les blocages structurels et l’absence d’investissement du gouvernement dans le secteur des services expliquent en partie la baisse de la croissance coréenne.

Les enjeux des années à venir pour le gouvernement

Une première solution envisagée par le gouvernement afin de relancer la croissance est de faire des PME le “fer de lance” de l’innovation et relancer la croissance par la création d’emplois dans le secteur public en revalorisant le salaire minimum et en augmentant les dépenses sociales(chômage, retraite).En effet, empiriquement, un pays en développement tend à se transformer en une économie de service. Ce qui est loin d’être le cas de la Corée du Sud aujourd’hui. Une deuxième solution envisageable sur le long terme seraient de créer une économie plus équitable grâce à une réforme des conglomérats. 

Réformes ou non, tant que les chaebols disposeront en toute impunité de leur “relation privilégiée” avec l’Etat et que, les PME continueront à être subventionnées malgré leur productivité faible, les inégalités salariales ne cesseront de se creuser, entrainant dans leur chute la consommation des ménages.

Cette faible consommation se fera au profit d’une épargne et d’un surendettement des ménages coréens. L’excédent d’épargne et l’accumulation brute de capital, résultat direct d’un manque d’investissement, auront pour effet d’augmenter la masse monétaire, non sans incidence sur l’inflation.

La Corée du Sud se doit de réformer urgemment son modèle économique de façon à se prémunir d’une stagnation économique et déflationniste à l’instar du Japon.

La prospérité des Dragons Asiatiques via les exports est-elle viable ?

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La guerre commerciale entre Trump et la Chine prend racine suite aux résultats d’une enquête à propos des allégations de vol de la propriété intellectuelle américaine par le pays du milieu.

Les conflits entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales se répercutent sur le commerce international et de ce fait, sur une grande partie de l’Asie-pacifique, encore aujourd’hui grandement dépendante de ses exports.

En apparence, la guerre commerciale profite aux quatre dragons (Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong)…

  •  Les résultats des entreprises taïwanaises ont fait un « come-back » grâce notamment à Giant, le plus grand manufacturier de vélos au monde; Compal, un fabriquant d’ordinateur… En 2018, le gouvernement a lancé le programme « Invest Taiwan » qui offre des prêts « low-cost » dans le but de financer les dépenses engendrées par la réimplantation des entreprises dans le pays.
  • La Corée du Sud et Singapour ont également gagné des parts de marché aux États Unis, aux dépens de la Chine.

…mais dans les faits, elle a perturbé trois éléments majeurs et dont dépend leur économie…

Un système commercial mondial ouvert, leur réseau de production basé en Asie, et leur plus grand marché : la Chine. Selon une étude menée par les analystes de Goldman Sachs (banque d’investissement américaine), 13 pays d’Asie ont relativement atteint leur potentiel économique cette année.Or, les dragons asiatiques sont sur le bas du classement et occupent 4 des 5 dernières places.

Il était évident que les tensions commerciales allaient les déstabiliser puisque les exports sont au cœur de leur modèle économique. Comme le montre l’exemple de la Corée du sud, où en 1964, le gouvernement de Park Chung-hee a désigné le 30 novembre comme jour de fête nationale, aussi appelé « export day », lorsque les exports du pays ont dépassé les $100m.

Subséquemment, alors qu’une grande partie du monde à perdu du terrain face à la Chine ces 20 dernières années, la part des exportations mondiales de marchandises des dragons est restée stable, autour des 10%.(cf.graphique)

A l’instar des autres économies prospères, une grande partie de la fabrication des produits de base des quatre dragons a été transféré en Chine. En déléguant, cette fabrication de produits bas de gamme en Chine, ils se sont spécialisés. La spécialisation est la « capacité d’un pays à concentrer sa capacité de production sur un type de bien pour lequel sa compétence est la meilleure », ce qui selon l’économiste Ricardo, permet à celui-ci d’avoir un avantage comparatif par rapport à ses concurrents et donc d’accroitre sa richesse nationale.  Effectivement, cette théorie sur les avantages comparatifs s’est aussi confirmée pour la Corée du Sud qui est aujourd’hui,le plus grand fabricant de puces de mémoire (memory chips) au monde. Taïwan dispose lui de la plus grande capacité de fabrication de semi-conducteurs. Cumulés, la Corée du Sud et Taïwan représentent chacun 12 % de la demande finale de la Chine pour les produits électroniques, soit près de deux fois plus qu’aucun autre partenaire commercial du géant Chinois. Leur stratégie de spécialisation a été productive et lucrative.

Toutefois, ces liens enrichissants créent des vulnérabilités…

La guerre commerciale intentée par les USA avait pour objectif de faire souffrir la Chine mais ce sont les dragons qui sont le plus exposés aux dégâts, car ils sont plus petits et plus ouverts. En Chine, les exports représentent 20 % du PIB; autour de 45 % pour la Corée; 65 % pour Taïwan et près de 200 % pour Singapour et Hong-Kong.

Fin de la partie 1…

FOCUS AFRIQUE : L’ Algérie, une maladie hollandaise

La maladie hollandaise c’est la malédiction des pays qui découvrent l’existence de ressources naturelles pouvant être exploitées de façon importante et qui se retrouvent dépendants de leurs seules matières premières. 

L’Algérie en quelques chiffres :

  • 1er producteur de gaz et 3ème producteur de pétrole du continent Africain​
  • Sous-sol extrêmement riche​
  • Pays vaste et terre très fertile

En Afrique, Algérie rime avec PétroEtat et la matière première principale de l’Algérie sont les hydrocarbures.​

Afin de déterminer si l’Algérie est dépendante de ses hydrocarbures, nous allons observer si la fluctuation des prix du pétrole a un effet ou une incidence sur l’économie algérienne ? 

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Ces données nous indiquent que le solde de la balance des paiements chute lorsque le cours du pétrole chute. Il semble donc exister un lien de causalité entre ces 2 agrégats.

En observant la balance des paiements de l’Algérie entre 2012 et 2016, il est possible d’affirmer que l’économie algérienne est une économie mono-exportatrice. On peut logiquement en conclure que la balance commerciale de l’Algérie reste fortement tributaire des revenus provenant de la vente du pétrole et du gaz qui constituent à eux seuls environ 95% du volume global des exportations et donc que l’économie algérienne est une économie strictement rentière, dépendante de la rente énergétique qui représente la première ressource économique du pays. 

Cependant, les revenus de la manne pétrolière, judicieusement utilisés devraient permettre au pays de se développer de manière perenne. Cependant la réalité est différente.

L’Algérie est une économie rentière mais a t-elle pour autant les symptômes de la maladie hollandaise de Corden ?

Un boom sectoriel entraîne, selon la théorie de la maladie hollandaise, deux principaux effets réels : Un« effet dépense » et un « effet mouvement des ressources ». 

  • Effet mouvement des ressources

L’effet mouvement des ressources se met en place lorsqu’une hausse de la demande étrangère dans le secteur exportateur de ressources naturelles entraîne une hausse de la production, induisant la hausse de la demande de facteur travail dans ce secteur et, par conséquent, celle du niveau des salaires réels. 

Conséquences de l’effet mouvement des ressources :

Désindustrialisation directe : Le facteur travail se déplace ce qui entraine un transfert de main d’œuvre des autres secteurs de l’économie vers le secteur en expansion. Le secteur des hydrocarbures requiert une main d’œuvre limité, la main d’œuvre excédentaire se tourne donc vers le secteur des services, comme nous pouvons le voir sur le graphique ci-dessous.

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Diminution de l’offre des secteurs de biens et services non échangeables et des biens hors ressources naturelles. 

Dans la structure des exportations algériennes, les hydrocarbures continuent à représenter l’essentiel des ventes à l’étranger avec une pârt de 96% du volume global des exportations. Quand aux exportations « hors hydrocarbures », elles demeurent toujours marginales avec seulement 4% du volume global des exportations  Dont seulement 0,01% de biens d’équipements industriels. 

C’est à dire que l’Algérie n’a pas de biens industriels à exporter et qu’elle n’investit pas dans son industrie. Cette analyses confirme un transfert de main d’œuvre et un recul considérable de l’industrie ce qui valide donc un des symptôme de la maladie hollandaise. 

  • Effet dépense

L’excès de demande de ces biens suscite la hausse de leur prix et cette inflation va alors handicaper les exportations du pays en biens et services et favoriser  l’importation de biens et services étrangers, provoquant une désindustrialisation indirecte. L’économie devient ainsi fortement polarisée, au bénéfice du secteur rentier. 

Le premier point de l’effet dépense correspond au fait qu’un Boom dans le secteur des ressources naturelles entraîne une hausse généralisée des revenus, d’où un accroissement de la demande de biens ce qui entraîne un fort excédent commercial, Automatiquement, les entreprises exportatrices des autres secteurs se retrouvent en difficulté. Ces derniers voit donc leur production diminuer et le coût du travail en termes de biens échangeables augmenter.

Si le secteur des biens échangeables est le secteur manufacturier l’effet de dépense induit une désindustrialisation indirecte : le prix de leurs exportations augmentant, les acheteurs étrangers se détournent de ces produits (Cf Tableau). Notons aussi que, le supplément de demande de biens échangeables ne peut être satisfait par la production locale. D’où le recours à l’importation ; ce qui entraînera une augmentation des importations nettes de biens échangeables.

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En Algérie, un « effet dépense » se produit : l’épargne des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelle est directement dépensé par les titulaires, ou par l’État. 

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Globalement, l’Algérie dépense dans la  quasi totalité sont surcroit de revenus issus du secteur des hydrocarbures afin de couvrir les dépenses publiques en négligeant l’investissement dans la production de richesses nouvelles.

 En plus du déclin du secteur industriel(Cf Tableau 1), principal symptôme de la maladie hollandaise, l’économie algérienne présente presque tous les symptômes de la maladie hollandaise. Excepté le taux de change effectif réel qui, durant cette période de boom économique, au lieu d’augmenter, a diminué alors même que les termes de l’échange n’ont cessé de croître. Cela est du à la politique de change de l’Algérie. On aurait certainement assisté,si l’on était en présence d’une situation où la détermination du taux de change était laissée au libre jeu des forces du marché , à une augmentation du taux de change effectif réel.

Conséquences et implications de la maladie hollandaise sur l’Algérie

  • Conséquences des contre-chocs pétroliers de 1986 et 2014

Les hydrocarbures assurent 95 % des rentrées en devises d’Alger et La fiscalité pétrolière supporte 60 % du budget de l’État. Le pétrole et les hydrocarbures sont donc le cœur de l’économie algérienne.  Mais ne dépendre que de la rente pétrolière représente un danger car le marché du pétrole est caractérisé par une instabilité imprévisible ce qui peut engendrer de grands déséquilibres  L’Algérie s’est exposé à l’assèchement de ses finances publiques et à l’effondrement de son économie en raison de sa défaillance structurelle, liée à cette trop grande dépendance. Le pays vit mal le choc pétrolier de 1986 : Alger avait mis une bonne décennie à se remettre de cette crise qui avait accru son endettement, l’avait obligé à recourir au FMI et n’avait pas été totalement étrangère à l’explosion de colère des jeunes. Ce qui a dévoilé au grand jour, la dépendance et la fragilité d’un système construit sur la seule performance du secteur des hydrocarbures ainsi que l’incapacité du pays à mettre en place une industrialisation compétitive au niveau international .

Alors que le pays a montré des signes d’amélioration en mettant en place des mesures afin de diversifier son économie, dés le milieu des années 2000, les bonnes résolutions économiques se sont envolées lorsque le baril a repris son envol. En apparence, la situation financière du pays s’est nettement améliorée. Ce qui a définitivement ligaturé les mesures et les reformes. De ce fait, en 2014, la structure de l’économie algérienne restait fortement dépendante des importations sans pouvoir sortir de la malédiction de la mono-exportation. Aujourd’hui encore, 95% de ses recettes proviennent du gaz et du pétrole. En 2015, le pays  doit redresser sa balance commerciale déficitaire. Mais il dispose d’une marge de manœuvre assez limitée à court terme. La balance des paiements se détériore et les réserves de change commencent  à s’épuiser.

Face à la crise, le pays table sur des mesures visant à lui assurer la diversification de son économie et la réduction de sa trop grande dépendance. Mais le gouvernement sera t’il en mesure de maintenir ses réformes ?

  • Déclin de la balance commerciale agroalimentaire 

Dans les années 40, grand exportateurs de produits alimentaires, avait une balance commerciale agroalimentaire excédentaire. Cependant, les facilités apportées par la manne pétrolière ont fait de l’agriculture le parent pauvre de l’économie, bien qu’elle représente 12 % du PIB et emploie 21 % de la population active. 

En effet, la balance commerciale agroalimentaire de l’Algérie est fortement déficitaire : 7,6 milliards d’euros en 2013. L’Algérie n’est jamais parvenue à atteindre l’autosuffisance alimentaire en raison de choix économiques catastrophiques au lendemain de l’indépendance, qui ont sacrifié son agriculture, au profit d’une politique du développement des hydrocarbures.  faiblesse des investissements, infrastructures déficientes, manque de formation des ressources humaines   Le potentiel est pourtant considérable, la surface agricole exploitée ne couvre que le cinquième de la surface agricole totale. 

Aujourd’hui, presque tout ce que les Algériens consomment provient de Chine, d’Europe ou du Golfe, y compris les dattes, la semoule ou les oranges. 

C’est le plus gros importateur mondial de blé par habitant (160 kg/habitant.)Il importe aussi des quantités importantes de lait, des huiles, du sucre, des matières premières importantes vitales et nécessaires pour la consommation des habitants.

Face a ce constat, de nombreuses mesures ont été prise afin de moderniser, mécaniser et restructurer les terres cultivables mais le développement de l’agro-industrie mais ce n’est toujours pas une priorité pour l’Algérie. Pourtant, outre la sécurité alimentaire, investir dans la refonde de l’agriculture permettrait d’atteindre l’autosuffisance et de réduire le déficit courant de l’Algérie. 

Conclusion 

La malédiction des ressources naturelles est due à leurs effets sur les institutions politiques du pays. L’abondance de ressources naturelles créée des conditions propices à la corruption et au gaspillage. Ce sont ces dernières qui causent un effet négatif sur la croissance et non pas les ressources naturelles en tant que telles. L’impact négatif de la rente pétrolière sur la croissance à long terme réside justement dans le fait qu’elle empêche que ces sources de croissance n’apparaissent, notamment dans le secteur industriel. Le rôle de l’État, dans ces conditions, est de veiller à ce que l’allocation des ressources profite davantage aux secteurs productifs, et plus particulièrement au secteur manufacturier. 

Quelques solutions envisageables :

  • Diversification de l’économie sur le long terme pour assurer une croissance durable​
  • Rechercher des énergies alternatives et renouvelables pour faire face à l’après pétrole​
  • Plan de financement non conventionnel = injection massive de liquidités dans le système financier​